vendredi 16 janvier 2009

Mariage

Samedi 27 décembre 2008, Saigon

La tradition vietnamienne veut que la famille du marié offre des cadeaux à la famille de la mariée, présents qu'il est nécessaire de préparer et d'apprêter selon les usages.

Une tante de la mariée venue en renfort maintenir la tradition a commencé à disposer les fruits, l'alcool, les gâteaux, sans oublier Kiki, un cochon de sept kilos dont nous aurons l'occasion de reparler.

C'est ensuite à la mère du marié de terminer la préparation des cadeaux.





Toute situation semble avoir ses coulisses...




Les garçons d'honneur, dont j'étais, sont chargés d'accompagner le prétendant avec les cadeaux ; la distribution commence, et tout le monde s'inquiéte de savoir s'il serait le petit veinard en charge de Kiki, grasse et suintant l'huile. Les petits gabarits, c'est-à-dire les vietnamiens et moi, avons légitimement reçu un plat, déjà bien assez lourd à mon goût, et j'ai vite senti venir le truc pour l'ami Sébastien, son mètre quatre-vingt dépassant sensiblement la moyenne locale, tout content d'arborer son costume sur mesure (excusez du peu) flambant neuf (il allait quand même pas le faire faire en France...). Pas loupé. Aucun photo pour témoigner, puisque j'étais déjà chargé, et croyez bien que je suis le premier à le regretter, mais pour planter les personnages, puisque vous connaissez Kiki, laissez-moi vous présenter Sébastien, à gauche, aux côtés de Georges.









Pour revenir à la cérémonie, donc, nous voilà sept garçons d'honneur courageusement chargés d'un des plats, de plus en plus lourd à mesure que le cérémoniel, les photos et les films s'enchaînaient, mais tous, à l'exception de Sébastien, conscients que notre sort aurait pu être bien pire. Enfin nous nous mettons en marche, en file indienne derrière le futur époux. Le trajet est court, le temps de rejoindre la grande rue Dien Bien Phu où nous attendaient une grosse berline japonaise et fleurie pour le marié, un minibus pour nous. Nous nous diluons dans le flot des vélomoteurs, direction la maison de la mariée (plus précisément sa mère). Comme elle habite dans un réseau de petites ruelles bien moins large qu'une voiture, nous nous garons un peu plus loin, et entrons, de nouveau en file indienne, dans le quartier animé et étroit. Devant la maison convoitée, sept demoiselles d'honneur nous attendent pour recevoir les cadeaux. On procède à l'échange, ce qui veut dire qu'une petite veinarde hérite de Kiki, mais la compassion est autre, la belle semblait à peine plus lourde que la bête... Le prétendant peut aller quérir sa dulcinée. On échange encore des cadeaux devant un bel autel, on rend hommage aux ancêtres.




















Et l'on se souviendra longtemps de ce départ, lorsque le marié emmène son épouse, lui suivi par sa procession de garçons d'honneur, elle par ses demoiselles, sous les acclamations de tous le voisinage, qui de sa porte, qui penché à sa fenêtre, qui du fond de sa maison, des applaudissements, des exclamations qui sonnaient comme des félicitations, jusqu'aux voitures.

Les festivités se poursuivirent naturellement autour d'une grande table, pour un repas riche de toute l'inventivité de la cuisine vietnamienne.

La mariée était belle, le marié était fier, et on l'eut été pour moins...

















L'occasion de faire connaissance, de partager une bonne bière et quelques éclats de rire, tout ce qui ne nécessite nulle langue commune.


2 commentaires:

  1. Et pour savoir qui est Kiki, connectez-vous ici : www.lassiette.blog.lemonde.fr
    Séb.

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  2. en effet, kiki etait tres beau... :)

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